Contractant général : pilotez vos projets de construction en toute sérénité

Chef de chantier contractant général discutant avec client devant bâtiment en construction

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation juridique. Consultez un avocat spécialisé en droit de la construction pour toute décision contractuelle engageante.

Trois corps de métier différents. Deux retards déjà. Et un plombier qui ne répond plus au téléphone. J’ai accompagné une directrice administrative l’année dernière dans cette situation exacte. Elle pilotait l’extension de son usine en Normandie, et après trois mois de galère, elle m’a appelé complètement dépassée. Son erreur ? Avoir voulu gérer elle-même une dizaine d’artisans sans expérience du bâtiment. Le contractant général existe précisément pour éviter ce scénario. Comptez entre 10 et 15% du montant des travaux en honoraires, mais soyons clairs : c’est le prix de la tranquillité.

L’essentiel sur le contractant général en 30 secondes

  • Un contractant général pilote tout votre chantier avec un seul contrat à prix ferme
  • Contrairement au maître d’œuvre, il s’engage sur le résultat final et les délais
  • Comptez 10-15% du montant travaux en honoraires selon la complexité
  • Vérifiez toujours son assurance décennale avant signature

Ce que fait vraiment un contractant général sur votre chantier

Oubliez les définitions techniques. Concrètement, le contractant général devient votre unique interlocuteur du premier coup de pioche jusqu’à la remise des clés. Il sélectionne les entreprises, négocie les prix, coordonne le planning et assume la responsabilité si quelque chose dérape. Vous signez un seul contrat. Vous avez un seul numéro à appeler.

Réunion de coordination entre professionnels du bâtiment sur chantier
Les réunions de chantier hebdomadaires structurent l’avancement des travaux

Dans les projets que j’accompagne, je constate que la vraie valeur ajoutée se manifeste quand les problèmes surviennent. Et ils surviennent toujours. Un sous-traitant qui fait faillite, un retard de livraison matériaux, une malfaçon à reprendre. En gestion directe, c’est vous qui passez vos soirées à trouver des solutions. Avec un contractant général, c’est son problème. Pas le vôtre.

10-15%

du montant des travaux en honoraires contractant général

L’erreur que je vois le plus souvent ? Des maîtres d’ouvrage qui confondent prix ferme et prix bas. Selon une étude 2025 du Groupe H, les honoraires représentent 10 à 15% du coût des travaux. Ça peut sembler élevé. Mais calculez le temps que vous passeriez à coordonner vous-même électricien, plombier, maçon, menuisier. Multipliez par votre taux horaire. Le compte est vite fait.

Mon conseil après avoir suivi des dizaines de chantiers : le contractant général devient rentable à partir de projets dépassant 150 000 euros environ. En dessous, la complexité reste gérable. Au-dessus, le risque de dérapage justifie amplement les honoraires.

Contractant général, maître d’œuvre, entreprise générale : qui fait quoi

La confusion règne. Je passe une partie de mes consultations à démêler ces trois termes que tout le monde mélange. La différence fondamentale tient en un mot : responsabilité.

Le maître d’œuvre conçoit et surveille. Il dessine les plans, vérifie que les travaux respectent ses prescriptions, mais comme l’explique CM-BTP, il n’est pas contractuellement lié aux entreprises qui interviennent. Si l’électricien abandonne le chantier, ce n’est pas son problème juridique. C’est le vôtre.

Immeuble de bureaux neuf en phase de finition avec échafaudages
Un projet tertiaire nécessite une coordination rigoureuse des intervenants

Le contractant général, lui, s’engage sur un résultat. Prix ferme. Délai ferme. D’après Camif Habitat, son offre est toujours à prix ferme et définitif. Il sélectionne lui-même les sous-traitants, les paie directement, et assume les conséquences si l’un d’eux défaille. Vous dormez mieux.

L’entreprise générale de bâtiment réalise une partie des travaux avec ses propres équipes et sous-traite le reste. Elle n’a pas forcément la vision globale ni l’engagement forfaitaire du contractant général. Pour mieux comprendre cette distinction, consultez le rôle d’une entreprise générale de bâtiment.

Qui porte quoi selon le mode de contractualisation
Critère Contractant général Maître d’œuvre Entreprise générale
Réalise les travaux Via sous-traitants qu’il pilote Non, surveille uniquement Partiellement, avec ses équipes
Prix garanti Oui, forfait ferme Non, estimatif indicatif Variable selon contrat
Délai engageant Oui, avec pénalités Non, objectif indicatif Variable selon contrat
Paie les sous-traitants Oui, directement Non, vous les payez Ceux qu’il gère
Responsabilité défaillance Assume intégralement Limitée à ses missions Sur son périmètre

Soyons honnêtes : le contractant général n’est pas toujours la bonne option. Pour un projet de 50 000 euros avec deux corps de métier, vous payez des honoraires pour une coordination que vous pouvez gérer vous-même. Je recommande cette formule à partir de trois ou quatre lots distincts, ou dès que le planning devient critique pour votre activité. Si vous cherchez un contractant général bâtiment expérimenté, vérifiez d’abord qu’il maîtrise votre type de projet.

Les 5 points à vérifier avant de signer avec un contractant général

Un contrat de construction engage sur plusieurs années. Les garanties légales courent jusqu’à 10 ans après réception. Voici ce que je vérifie systématiquement avant de recommander un contractant général à mes clients.

Professionnel consultant planning de chantier sur écran de gestion
Le suivi rigoureux du planning conditionne le respect des délais

Votre checklist avant de signer avec un contractant général


  • Attestation d’assurance décennale en cours de validité couvrant votre type de travaux


  • Références vérifiables de chantiers similaires avec contacts clients


  • Détail du forfait avec conditions précises des avenants et modifications


  • Pénalités de retard clairement définies avec montant journalier


  • Modalités de réception des travaux et procédure de levée des réserves

Selon l’article 1792 du Code civil, tout constructeur est responsable de plein droit pendant 10 ans des dommages compromettant la solidité de l’ouvrage. Cette garantie décennale n’est pas négociable. C’est une règle d’ordre public. Vérifiez que l’attestation couvre explicitement la nature de vos travaux.

Le piège du devis trop bas

Un contractant général moins cher de 20% que ses concurrents doit vous alerter. Dans ma pratique, je constate que ces écarts cachent souvent des prestations non incluses, des sous-traitants low-cost ou des marges insuffisantes pour absorber les imprévus. Le moins-disant devient rarement le mieux-disant sur un chantier de 12 mois.

Je me souviens d’un cas traité en région parisienne. Des investisseurs en SCI familiale hésitaient entre gérer eux-mêmes leur rénovation d’immeuble et passer par un contractant général. Ils avaient demandé des devis aux artisans. Résultat : un planning irréaliste où tout le monde devait intervenir en même temps. Après trois mois de réflexion, ils ont signé avec un contractant général. Livraison conforme au budget initial. Temps économisé : incalculable.

La question des avenants mérite une attention particulière. Franchement, un chantier sans imprévu n’existe pas. Vérifiez comment le contrat encadre les modifications : procédure de validation, délai de réponse, impact sur le planning global. Si le contractant peut facturer des extras sans votre accord écrit préalable, refusez de signer. Pour aller plus loin dans votre démarche, renseignez-vous sur l’obtention de votre contrat de construction.

Vos questions sur le contractant général

Combien coûte un contractant général ?

Les honoraires représentent généralement 10 à 15% du montant total des travaux. Pour un projet de 200 000 euros, comptez entre 20 000 et 30 000 euros. Ce pourcentage inclut la coordination, la gestion des sous-traitants et la prise de responsabilité globale. À comparer avec le coût d’un maître d’œuvre (7-12%) qui n’offre pas les mêmes garanties.

Quelle différence entre contractant général et maître d’œuvre ?

Le maître d’œuvre conçoit et surveille, mais n’est pas lié contractuellement aux entreprises. Le contractant général s’engage sur un résultat : prix ferme, délai ferme, responsabilité globale. Si un sous-traitant défaille, le contractant général doit trouver une solution et assumer les conséquences. Le maître d’œuvre vous laisse gérer le problème.

Le contractant général peut-il modifier le prix en cours de chantier ?

Le prix forfaitaire est en principe intangible. Les modifications ne peuvent intervenir que par avenant signé des deux parties, généralement pour des travaux supplémentaires demandés par le client ou des imprévus techniques documentés. Un bon contrat précise la procédure de validation et plafonne les avenants à un pourcentage du montant initial.

Que se passe-t-il si le contractant général fait faillite ?

C’est le scénario redouté. L’assurance décennale continue de couvrir les désordres pendant 10 ans après réception. Pour le chantier en cours, vous pouvez activer la garantie de parfait achèvement si les travaux étaient réceptionnés partiellement. Dans les autres cas, vous devrez reprendre le pilotage avec de nouveaux intervenants. D’où l’importance de vérifier la solidité financière avant signature.

Pour quels types de projets faire appel à un contractant général ?

Le contractant général devient pertinent dès que votre projet implique plusieurs corps de métier avec un planning contraint. Construction neuve, rénovation lourde, extension tertiaire, transformation de locaux. En pratique, à partir de 150 000 euros de travaux ou 4 lots distincts, la coordination justifie les honoraires. Pour une rénovation légère avec deux artisans, gérez directement.

Votre plan d’action pour avancer

Vous avez maintenant les clés pour décider si le contractant général correspond à votre projet. Cette liste n’est pas complète, mais elle couvre l’essentiel des situations que je rencontre.

Les 3 prochaines étapes concrètes


  • Estimez le nombre de corps de métier nécessaires à votre projet cette semaine


  • Demandez trois devis comparatifs avec détail des prestations incluses


  • Vérifiez les attestations d’assurance avant toute signature

Mon avis final

Si vous n’avez pas le temps ni l’envie de jouer au chef de chantier, le contractant général reste la solution la plus sécurisante. Le surcoût de 10-15% vous achète quelque chose d’inestimable : la tranquillité. Mais attention à ne pas confondre délégation et abandon. Restez impliqué dans les décisions clés, exigez des réunions régulières, et n’hésitez jamais à poser des questions.

Ce constat est basé sur mon expérience de projets de construction en France métropolitaine. Chaque situation est unique et mérite une analyse personnalisée avec un professionnel du droit de la construction.

Précisions sur les contrats de construction

  • Ce guide ne remplace pas l’analyse juridique d’un contrat de construction par un professionnel
  • Les pourcentages et délais mentionnés sont des moyennes constatées et varient selon la complexité du projet et la région
  • Chaque situation de chantier est unique et nécessite une étude personnalisée

Risques à anticiper :

  • Risque de litige si le périmètre des prestations n’est pas clairement défini dans le contrat
  • Risque de surcoûts si les avenants ne sont pas encadrés contractuellement
  • Risque de non-couverture assurance si le contractant général n’est pas correctement assuré

Pour toute décision engageante, consultez un avocat spécialisé en droit de la construction ou un conseil en assurance construction.

Marc Delorme, professionnel de la construction et de la maîtrise d'ouvrage depuis plus de 15 ans. Il a accompagné de nombreux maîtres d'ouvrage privés et professionnels dans leurs projets de construction neuve et de rénovation. Son expertise porte sur le pilotage de projet, la coordination des intervenants et l'optimisation des montages contractuels. Il intervient régulièrement auprès de dirigeants d'entreprises et d'investisseurs immobiliers pour sécuriser leurs opérations de construction.

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